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L'impasse du CO2, 2005

L’homme a toujours transformé et marqué durablement son environnement physique. Mais, depuis peu, il fait de même avec l’atmosphère, cette enveloppe de gaz qui rend la vie possible à la surface de la terre. Article de Chaim Nissim.

En effet, l’histoire du climat nous apprend que dès 1850, date du début de l’ère industrielle, les activités humaines n’ont cessé d’augmenter la concentration de CO2 atmosphérique. L’homme a alors commencé à libérer de manière accélérée le carbone piégé au cours des millions d’années précédents dans le sous-sol de la terre sous forme de charbon, de pétrole et de gaz. Toute activité consistant à brûler ces énergies fossiles libère du CO2 dans l’atmosphère. Or, ce gaz est le principal des gaz à effet de serre (GES) qui ont la particularité de "piéger" une partie du rayonnement solaire (chaleur). Cette propriété des GES nous est aussi bénéfique : sans effet de serre, la température moyenne à la surface de la terre serait de - 18°C. Mais la rapidité et l’intensité de l’augmentation des émissions de CO2 fait craindre des changements climatiques violents auxquels les civilisations, les animaux et les plantes auront la peine à s’adapter.

Avec 21 tonnes de CO2 annuelles émises par un Nord-Américain, 7 tonnes par un Suisse contre 500 kilos pour un Bangladeshi, on dépasse largement la capacité de la biosphère à assimiler ce gaz – au maximum 1 à 2 tonnes par an et par personne. Cela souligne aussi l’inéquité de l’accès aux ressources. L’atmosphère est en quelque sorte " squattée " par les émissions en GES des pays industrialisés. Les conséquences, elles, se feront sentir à l’échelle du globe, et ce sont les plus démunis qui auront le plus de mal à y faire face.

Point positif, le lien entre gaz à effet de serre et réchauffement climatique bénéficie désormais d’un large consensus. C’est ainsi que le protocole de Kyoto, entré en vigueur en février dernier, a posé les premières bases d’une politique mondiale visant à réduire les émissions de CO2. Mais ce protocole est limité dans la mesure où il vise péniblement, d’ici 2010, une réduction de 10% des émissions par rapport à 1990 des pays industrialisés seulement.

Pour éviter les catastrophes prévisibles, les experts de l’ONU estiment qu’il faudrait réduire nos émissions de 75 % !

Compte tenu de ces faiblesses et du refus des Etats-Unis de contribuer à l’effort commun, on sait que d’autres mesures seront nécessaires pour maîtriser les changements climatiques. Il faudra surtout accroître l’exploitation des énergies renouvelables et rendre les appareils d’usage courant moins gourmands en énergie. Le moyen le plus efficace pour mettre en œuvre ces mesures est de procéder à une réforme fiscale écologique (RFE) : c’est une taxe sur les énergies polluantes qui financerait ces mesures.

La problématique du climat est une opportunité de s’interroger sur la finalité de la société de consommation et d’envisager une vie plus solidaire. En effet il n’est possible de résoudre les problèmes climatiques que de manière solidaire à l’échelle mondiale. C’est une chance à saisir, tous ensemble, pour l’avenir de notre humanité.

Pour en savoir plus :

www.ipcc.ch (Groupe International d'Experts sur le Climat)

www.proclim.ch et www.nccr-climate.unibe.ch (recherche climatique suisse)

www.umwelt-schweiz.ch

www.wwf.ch

www.gletscherarchiv.ch pour comparer l’évolution des glaciers

www.noe21.org sur la réforme fiscale écologique

Calculez votre bilan CO2 personnel sur www.ecospeed.ch et suivez les conseils sur www.rac-f.org

Renoncer à la voiture individuelle ou acheter une voiture épargnant le plus possible l'environnement (www.e-covoiturage.ch , www.ate.ch)

Acheter des appareils électriques consommant peu d’énergie (www.topten.ch)