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Aide au développement et développement durable : Un couple indissociable

Contribution de René Longet, juillet 2007

Le développement durable vise à rendre compatibles deux exigences essentielles:

- le développement

- la préservation des ressources de notre Planète et des espaces de vie de la biodiversité.

Souvent, la notion de développement est contestée dans ce binôme, car mal comprise. Il ne s'agit bien évidemment pas de généraliser le mode de prédation à l'américaine car il nous faudrait 6 Planètes pour cela ! Au contraire, il s’agit de se recentrer sur les besoins primaires des plus démunis d'abord, et de repenser notre façon de gérer les ressources afin qu'il y en ait en suffisance pour tous les humains vivant, aujourd'hui et demain, sur cette Terre.

Dès l’avènement du concept de développement durable, les exigences d'accès équitable à la satisfaction des besoins vitaux ont fait partie intégrante des enjeux mondiaux exprimés : habitat, santé, eau, emploi, revenu, éducation sont des éléments essentiels, affirmés par les Nations Unies dans la déclaration des droits de l'Homme.

Depuis le Sommet de Rio en 1992 avec l'Agenda 21 qui y a été adopté, jusqu'au Sommet de Johannesburg avec le Plan d'Action, on retrouve une parfaite continuité. Les 8 points des Objectifs du millénaire pour le développement vont dans le même sens en visant notamment, d’ici 2015, à diminuer de moitié la proportion d'êtres humains souffrant de faim, n'ayant pas accès à l'eau et à l'assainissement, à l'école et à un revenu minimum.

Mais force est de constater que malgré l’édiction de grands principes internationaux et de nombreuses déclarations, les efforts de développement, pourtant bien réels, ne sont pas suffisants. Actuellement, 850 millions d'êtres humains ne mangent pas à leur faim, 815 millions sont analphabètes, 1 milliard doit subsister avec moins d'un $ par jour, 1 milliard n'a pas de véritable toit, 1,5 milliard n'a pas accès à de l'eau de qualité potable, et 2,5 à un véritable assainissement.

D'immenses besoins restent donc insatisfaits. Pour répondre à ces défis, les instances internationales ont validé de nombreux programmes, et surtout insisté sur deux axes:

- le commerce équitable (en petit mais aussi en grand, avec des préférences douanières et autres pour les Pays les Moins avancés - PMA, la lutte contre la fuite des capitaux etc.)

- l'aide au développement 

Cette dernière se passe de façon multilatérale et bilatérale, avec des projets de terrain comme des concepts généraux. Il importe de le faire en partant des valeurs et traditions locales, qui, très souvent, permettent de s’imprégner de techniques nées des exigences d'une adaptation à la situation écologique des lieux. Par ailleurs, une vision émancipatrice doit aussi permettre, par exemple aux femmes, de prendre toute leur place et d'être pleinement reconnues. 

Pour financer ces projets, les Etats ont convenu à de multiples reprises que les pays industrialisés devaient affecter au moins 0,7% de leur PIB à la coopération au développement. Aujourd'hui, moins d’une dizaine d’Etat ont tenu leur engagement. 

La Suisse, malgré une redéfinition des bases de calcul reste en dessous de la moyenne des Etats industrialisés en attribuant uniquement 0,39% de son PIB à l’aide au développement en 2006. Il est temps de montrer une solidarité concrète avec les démunis de ce monde, au nom de notre intérêt à tous, de l'équilibre de cette Terre et de l'équité sur cette Planète- il va de soi que les projets de développement eux-mêmes doivent s’inscrire dans les contenus du développement durable et contribuer à un accès équitable et pérenne aux ressources que sont le sol, les matières premières, l’énergie, l’eau, la biodiversité...”.

Consciente des efforts à faire en la matière et de l’urgence de la démarche, equiterre s’engage dans la campagne « 0,7% ». Elle vous invite à signer la pétition lancée à cet effet sur le site "Ensemble contre la pauvreté.ch". Il est temps que la Suisse s’engage d’avantage pour les objectifs du millénaire car 0,7%, pour nous, c’est peu. Pour d’autres, c’est beaucoup.